Ports conteneurisés : l’Afrique gagne quatre points de parts de marché en 2020

Ports conteneurisés : l’Afrique gagne quatre points de parts de marché en 2020

Le terminal à conteneurs de Lomé est devenu le hub de l’armement MSC (Mediterranean Shipping Company) | Hervé Deiss

Modifié le 26 juillet 2022

Hervé Deiss

La publication des résultats des ports conteneurisés dans le monde avalise l’entrée des ports africains parmi les 150 ports réalisant plus d’un million d’EVP. Aux côtés de Tanger Med, Port-Saïd et Durban, Lomé pourrait devenir l’autre pôle portuaire ouest-africain.

Dans le classement mondial des ports conteneurisés réalisé par le consultant néerlandais Dynamar, l’Afrique voit sa part augmenter chaque année. Ce classement s’établit selon le volume manutentionné, en nombre de conteneurs équivalents vingt pieds (EVP, standard de calcul des conteneurs). Chaque mouvement d’un conteneur, chargement ou déchargement, est additionné et ramené à l’unité de base de l’EVP. Ainsi, un conteneur de 40 pieds équivaut à deux conteneurs de vingt pieds.

Sur les 645 MEVP (millions d’EVP) que les 150 premiers ports conteneurisés mondiaux ont traités en 2017, l’Afrique pesait 2,7 %, soit 17,2 MEVP. En 2020, cette part de marché a progressé de quatre points pour atteindre 3,1 %, soit 21,8 MEVP.

Loin derrière Shanghai

Ce poids dans la conteneurisation reste encore très éloigné de celui des concurrents asiatiques. Le premier port conteneurisé mondial demeure celui de Shanghai qui a réalisé en 2020 un trafic de 43,5 MEVP. D’ailleurs l’Asie, et notamment la Chine, s’est accaparé les premières places de ce classement. Après Shanghai viennent les ports de Singapour, Ningbo, Shenzhen, Guangzhou et Qingdao. Il faut descendre à la dixième place pour trouver un port européen.

Premier port africain : Tanger Med

Quant à l’Afrique, elle entre dans ce classement à la 26e place. Elle est représentée par le port de Tanger Med qui a réalisé en 2020 un trafic de 5,7 MEVP. Pour le port marocain, l’année 2020 a été importante. En réalisant 20,2 % de progression, il gagne, dans ce classement, dix places d’une année à l’autre.

C’est également sur la côte nord du continent africain que se trouve le second port du continent dans ce classement. Port-Saïd, au débouché du canal de Suez, occupe la 46e place avec un trafic de 4 MEVP, en progression de 5 %. Vient ensuite le port de Durban, en Afrique du Sud, qui conserve son rang de 70e port conteneurisé mondial. Une place qu’il a réussi à conserver malgré la baisse de 6,5 % de son trafic à 2,6 MEVP.

Lomé affiche une forte progression

La plus forte progression est à mettre au crédit du port togolais de Lomé. Avec 1,7 MEVP, le port de Lomé gagne neuf places dans ce classement. En 2020, le port togolais a vu son trafic augmenter de 15 %. Cette progression tient à plusieurs facteurs, selon Armand Hounto, consultant I Trade Partners spécialiste des questions portuaires en Afrique.            « L’armement MSC (Mediterranean Shipping Company) a fait de ce port son principal hub dans la région. Il transborde bon nombre de boîtes qui sont ensuite rechargées sur de plus petits navires pour desservir les autres ports de la sous-région », indique Armand Hounto.

Hub portuaire et demain port domestique

En s’imposant comme port de transbordement en Afrique de l’Ouest, Lomé dispose maintenant d’une marge de progression importante pour le trafic domestique.
« Le transbordement représente 77 % du trafic conteneurisé local. Cela offre au port togolais la capacité à se développer pour alimenter son hinterland naturel, l’intérieur du Togo, mais aussi les pays sans littoral de la région », poursuit le consultant. Pour y arriver, il préconise une politique de transport « capable de garantir les conditions logistiques avec une meilleure connectivité ».

Surfer sur la plate-forme d’Adétikopé

Autre atout sur lequel le port de Lomé va pouvoir surfer dans les prochaines années :
la mise en place d’une zone économique spéciale dans la cité d’Adétikopé. Elle pourrait être un atout pour créer de la valeur ajoutée à la production nationale. Cette transformation pourrait être un levier pour donner une nouvelle dynamique aux exportations togolaises.

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